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Une tendance historique forte

La cuisine est le mariage des techniques humaines aux produits de notre terre nourricière répondant à un besoin vital : s’alimenter quotidiennement. Composante du patrimoine de l’humanité, elle reflète à la fois les cultures, les conditions géographiques et les réalités économiques des peuples. Comme toute pratique technique, elle peut se réaliser de manière simple voire brute ou de manière beaucoup plus sophistiquée tendant vers l’art.

Si l’homme cuisine depuis la nuit des temps pour s’alimenter, la manière dont se transmet le savoir culinaire a beaucoup évolué selon les époques. Longtemps véhiculées oralement, les pratiques culinaires ont commencé à être retranscrites – devenant plus accessibles et universelles – à l’époque romaine, au 1er siècle après J.C.

A partir de la Renaissance, l’essor de l’imprimerie aide beaucoup à la dissémination du savoir culinaire ; mais en France, le premier livre recensant toutes les bases de la cuisine nationale n’apparaît qu’en 1902. Son auteur Auguste Escoffier a compris la nécessité d’unifier les savoirs et de proposer un support complet : plus d’un siècle plus tard, son livre reste l’ouvrage de référence dans le milieux des cuisiniers.

Cuisine et modernité

Depuis le tournant du siècle, on assiste à un véritable "boom" de la thématique culinaire dans l’édition et dans les médias : de nombreux magazines, des chaînes de télévision spécialisées et, bien sûr, une pléthore de sites Internet, professionnels ou amateurs, ont été lancés.

Une nouvelle ère en matière de partage du savoir culinaire commence ainsi, notamment dans les pays industrialisés. Porté par les innovations technologiques, le mouvement répond également à des évolutions socio-culturelles profondes. Pendant très longtemps, le savoir culinaire a été transmis de mère en fille – il était même enseigné aux jeunes filles à l’école.

Avec l’émancipation de la femme, le temps passé à la maison s’est réduit. L’image de la "femme au fourneau" est devenue vieillotte, voire repoussante pour une génération de femmes qui, se consacrant davantage à leur vie professionnelle, ont eu tendance à délaisser les traditions culinaires. L’industrie agro-alimentaire a pris le relais, proposant aux familles un assortiment toujours plus large de plats vite préparés.

Quelques décennies plus tard, ce modèle s’essouffle. Alors que retentissent des scandales sanitaires et que se diffusent des maladies non sans rapport avec les comportements alimentaires, on prend conscience de la dénaturation de l’alimentation industrielle. Ici, ce sont la recherche du frais, la demande de biologique, l’exigence d’authenticité qui s’affirment. Là, c’est la redécouverte de recettes ou de produits anciens d’ici ou d’ailleurs, longtemps mis à l’écart par l’industrie agro-alimentaire, qui s’engage.

Conscients du bien-être que cela leur apporte, les femmes comme les hommes se remettent au fourneau. Le problème est que la transmission du savoir culinaire a été interrompue pendant une ou deux générations. D’où l’engouement actuel pour les livres, les magazines, les émissions, les sites et autres blogs consacrés à la cuisine.

A cet intérêt croissant pour la cuisine, CookEarth répond d’une manière engagée : il s’attachera à promouvoir des modes alimentaires soutenables nutritionnellement et écologiquement.


Avec l’émancipation de la femme, l’image de la "femme au fourneau" est devenue vieillotte.

(Illustration : Rafaelita, lecturas para niñas, 1906.)